Le jardin des illusions

Une constance est née de mes voyages en quête de portraits d’enfants. De Pays, de routes, d’itinéraires et d’imprévus, ils rayonnaient d’un même pouvoir, celui d’aimer comme d’être aimés. Les enfants inspirent naturellement la paix et une idée de la beauté. L’enfant aborde ce monde dans un élan de volontés, certainement liées à un savoir originel imperceptible à la compréhension de ses aînées. Un oubli d’adulte, un pan de connaissances perdu, nous sommes-nous isolés de cet héritage ? Un plus d’attention, d’écoute, de compréhension, nous montrerait la pertinence à conserver cette âme d’enfant. L’enfant ne vient pas d’un univers étrange dans lequel il s’est formé, il incarne son univers transfiguré en un être vivant. Le temps et les environnements, éloignent, puis annihilent cette capacité de ressenties. Ils nous privent de cette substance. Se rappeler à soi, à ce patrimoine originel, éclairerait nos environnements de lumières créatrices bénéfiques à notre humanité. Donnons à nos enfants le capital humain nécessaire à pérenniser ce lien à l’univers, au cosmos, simplement à l’essentiel, dénué de vanité ou de sentiment de pouvoir. Il reste à nous souhaiter une vision, des regards, où la surprise tant de la nature, comme de l’enfance, viendra nous détourner de nos certitudes.

La collection les Héritiers ancre l’appréhension du passage de l’enfance à l’âge adulte. Cette série de portraits d’enfants pousse cette porte vers un inconnu fait d’épreuves et d’observations. Un regard à chaque fois renouvelé, des regards à jamais immortalisés.

Le jardin des illusions

Elle m’épie du coin de l’œil et toute son attitude traduit une interrogation.

« Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Pourquoi me regardes-tu ? Que cherches-tu à travers moi ? » 

Puis,

« Cesse de te torturer les méninges. Fais comme moi, mets de la couleur dans le monde. Tu ne t’en crois pas capable ? Essaie, et tu verras. »

Et un léger sourire d’encouragement étire ses lèvres.

A ses côtés, le garçon, lui aussi, m’observe. Il a l’air rêveur, perdu dans ses pensées.

« J’aimerais bien… »  Sa phrase reste en suspens. Puis il reprend : « Pour l’instant, je ne peux pas, mais quand j’aurai réussi à me libérer de mes entraves, alors, tu verras, il y aura des roses partout ! »